lundi 24 juillet 2017

Madeleine 2017 (3)


   Vendredi 21 juillet : corrida de La Quinta

   Tout ce qu'a fait Juan Bautista au quatrième La Quinta relève de l'état de grâce. Volés à l'ordinaire, quelques instants de perfection taurine, d'intelligence avec le toro, de communion avec le public. L'attribution des trophées maximums (deux oreilles et la queue) se justifie pleinement lorsqu'elle est réservée à ces moments-là.
   Au-delà de cet événement majeur, la tarde fut riche de nombreuses émotions. A commencer par l'hommage rendu à Ivan Fandiño, ici, dans l'arène où il avait connu tant de tardes glorieuses et où il aurait du toréer cet après-midi.
   La présence et la variété de jeu des toros de La Quinta permit une excellente tarde de toros. A l'exception du premier, maigrichon et fadasse, tous les autres firent des combats dignes d'intérêt. Ils firent en outre une très pédagogique démonstration des caractéristiques de l'encaste Santa Coloma, mêlant d'un toro à l'autre, parfois dans le même toro, la douceur du miel et l'amertume du fiel. Jilguerito, le cinquième, était sans doute le plus complet du lot.
   David Mora connut de très beaux moments face à ses deux toros. Son engagement et la caste de ses adversaires lui valurent deux violentes cogida (vuelta - oreille).
   On pouvait lire dans le programme que Juan del Alamo affrontait pour la première fois des toros de La Quinta. Dur et tardif apprentissage pour le Salmantin qui fut mis en échec par deux toros braves et encastés.


   Samedi 22 juillet : corrida de Torrealta  et novillada de Las Dos Hermanas

   Lorsque j'ai commencé à lire des chroniques taurines, il n'était pas rare que les revisteros qualifiassent certains toros de toros de media-caste. Il s'agissait la plupart du temps de toros au comportement défensif provenant d'élevages aux origines incertaines. En ce samedi des fêtes de la Madeleine il me semble que la majorité des toros de Torrealta et la totalité des novillos de Patrick Laugier pourraient, bien que les deux élevages soient issus du sang bleu de Domecq, être eux aussi qualifiés de toros de media-caste. Des toros rétifs à s'engager mais avec du nerf, du genio, se défendant par des demi-charges accompagnées de coups de tête désordonnés. Au demeurant, il n'est pas inintéressant de voir nos vedettes confrontées à de tels problèmes. Le face à face entre Sébastien Castella et Saltarin, le cinquième,  fut, à cet égard, du plus grand intérêt.. Pour les novilleros en revanche, six à la suite, ça donne une soirée pesante, pour eux comme pour le public. Soirée qui faillit tourner à la tragédie lors de la chute de Gabin Rehabi au quatrième : les jambes sous le cheval et le reste du corps offert au novillo. Plus de peur que de mal au final. Un miracle de plus!
   Ce jour, Brincador, une pépite de Torrealta sortie en sixième position, représenta l'antithèse de cette mala casta. Des formes harmonieuses, de la bravoure, de la noblesse  et une charge inépuisable. Avec beaucoup de sincérité, José Garrido, toujours à la limite de la rupture, dut batailler ferme pour parvenir à lui couper une oreille.
  

3 commentaires:

Laurent Bernede a dit…

Bonjour, globalement en accord avec ton ressenti...si le 5 et le 6 de Torrealta ont permis de donner un peu d'intérêt à cette tarde ouf, ils ne me feront pas oublier les 3 premiers anovillados, le contraste était flagrant qd sorti le 4ième, et jusqu'au 5 ce fut on ne peut plus fade, soporifique et très très ennuyeux !
Quand on fait le bilan sur 5 jours faudra quand même que soit dit haut et fort que les 3 courses Domecq furent un petardo ganadero JPD-Cuvillo et Torrealta, avec bcp trop de Toros décastés, faibles , trop limites en présentations et qui donnaient une bien piètre image de la Fiesta Brava et dans ces moments là on a du mal à la justifier..
Je n'ai pas vu le piquée mais elle n'a pas rehausser le niveau à priori..
Merci à La Quinta et Adolpho d'avoir sorti Madeleine de la torpeur en valorisant le Toro de Lidia, le bon équilibre se trouvant sans doute entre ces 2 courses...
Ce n'est que mon modeste avis ! amitiés

Anonyme a dit…

Bonjour,
Le 5 de Torrealta fut le plus intéressant, car il a aussi trouvé en face de lui un Castella volontaire et torero qui aurait été le seul à mériter une oreille si son épée avait été en place. Les deux autres oreilles étant pour moi surévaluées mais logiques car pétition majoritaire.
Juan Bautista a été à 2 doigts de "rendre" son triomphe de la veille; son recibir n'était vraiment pas joli.
Mais quel contraste entre la corrida de Dimanche et les autres! Les Adolfo étaient dignes de Madrid et de...Ceret. Les trois toreros ont été héroïques et je n'ai pas compris l'absence de pétition après le 1er combat d'Aguilar.
Ou plutôt je la comprends trop bien : le public est majoritairement composé de bobos ignares qui sont incapables de faire la différence entre le 1er Domecq de DUFAU et les 6 aurochs sortis dimanche.
Quant à La Quinta, vendue comme corrida toriste, ouais...ça manquait de piquant pour moi.

Beñat

velonero a dit…

Merci Laurent et Beñat pour votre regard affûté.